III

QUELQUES DÉTAILS SUGGESTIFS

 

Un bon quart d’heure s’écoula dans un complet silence.

M. Bouc et le docteur Constantine s’efforcèrent de se conformer aux instructions de Poirot. À travers un dédale de témoignages contradictoires, ils essayèrent de discerner la vraie piste.

Voici à peu près le cours des pensées de M. Bouc :

« Evidemment, il faut réfléchir. Jusqu’ici, je ne fais guère autre chose… Poirot suspecte la jeune Anglaise d’être mêlée à ce meurtre. Pour ma part, je n’y crois nullement… Il paraît impossible d’accuser l’Italien… Regrettable. Le domestique anglais n’avait probablement aucune raison de mentir en certifiant que l’autre n’a pas quitté le compartiment. Tout cela est fort ennuyeux. Je me demande quand le train pourra repartir. On doit songer à nous envoyer du secours. Les indigènes de ce pays ne se pressent guère… et la police yougoslave va faire des embarras au sujet de ce crime. Ce n’est pas tous les jours qu’une telle aubaine lui arrive…

Et le cerveau de M. Bouc s’égarait dans ces sentiers rebattus des centaines de fois.

Le docteur Constantine songeait :

« Quel drôle de corps, ce petit détective belge ! Un génie ou un détraqué ? Découvrira-t-il la solution du mystère ? Impossible ! Quant à moi, je ne m’y reconnais plus… Peut-être que tous ces gens ont menti… Voilà qui ne va pas éclairer notre lanterne. Je ne m’explique pas toutes ces blessures sur le cadavre… Un bandit américain tue avec son revolver… L’Amérique… ce pays du progrès… J’aimerais à le visiter. En rentrant chez moi, il faut que je voie Démétrius Zagone. Il a voyagé en Amérique et il a des idées modernes… Je me demande ce que fait Zia en ce moment. Si jamais ma femme apprend que…»

Et ainsi de suite…

Hercule Poirot ne bougeait pas : il semblait dormir.

Soudain, après un quart d’heure d’immobilité complète, il remua lentement les sourcils, exhala un léger soupir, et murmura entre ses dents :

— Pourquoi pas ? S’il en est ainsi, tout s’explique.

Il ouvrit les yeux – des yeux verts comme ceux d’un chat – et dit à ses deux compagnons :

— J’ai réfléchi. Et vous ?

Perdus dans leurs rêveries, les deux autres sursautèrent.

— Moi aussi, répondit M. Bouc, quelque peu embarrassé. Malheureusement, je n’aboutis à rien. Dépister le coupable, cela vous regarde ; c’est votre métier et non le mien, mon bon ami.

— Et moi aussi, j’ai concentré mes pensées sur cet assassinat, déclara le docteur sans sourciller. Je suis arrivé à plusieurs conclusions dont aucune ne me satisfait.

Poirot hocha la tête d’un air qui semblait vouloir dire : « Je m’y attendais. »

Il se redressa sur son siège, bomba la poitrine, caressa sa moustache et s’exprima comme un conférencier dans une salle de réunion.

— Mes amis, j’ai repassé une à une dans mon esprit les dépositions des voyageurs et j’y trouve une explication, encore confuse, mais qui répond assez nettement à la situation telle que nous la connaissons. Avant d’affirmer que cette solution est la bonne, il me reste à opérer certaines constatations.

« Tout d’abord, permettez-moi d’exposer devant vous quelques remarques dignes, je crois, de considération.

« A cette même place, lors de notre dernier déjeuner dans le wagon-restaurant, M. Bouc me fit observer que des personnes de toutes conditions et de toutes nationalités se trouvaient réunies dans le train : phénomène plutôt rare à cette époque de l’année où l’Orient-Express roule ordinairement presque vide. Par surcroît, un des voyageurs inscrits ne se présenta pas au départ. J’attire également votre attention sur d’autres détails : la position du sac à éponge de Mrs. Hubbard, le nom de la mère de Mrs. Armstrong, la façon de travailler du détective Hardman, le prénom de la princesse Dragomiroff, la tache de graisse sur le passeport hongrois et la déposition de MacQueen au sujet du papier carbonisé ramassé dans le compartiment de Ratchett. Il prétend que c’est Ratchett lui-même qui a brûlé ce papier.

Les deux hommes dévisageaient Poirot sans rien comprendre.

— Voyons, reprit le détective, tout cela ne vous dit rien ?

— Rien du tout, répondit franchement M. Bouc.

— Et à vous, monsieur le docteur ?

— Je ne vois pas où vous voulez en venir.

M. Bouc, se rabattant sur l’objet tangible cité par son ami, fouilla dans le paquet de passeports et en tira celui du comte et de la comtesse Andrenyi. Il l’ouvrit.

— C’est bien de cette tache-là qu’il s’agit ?

— Oui : elle est encore toute fraîche et remarquez où elle se trouve placée.

— Au début du nom de la comtesse… plus exactement sur la première lettre du prénom. J’avoue toutefois que je ne saisis pas encore…

— Vous allez comprendre. Revenons au mouchoir trouvé sur le lieu du crime. Comme nous l’avons dit tout à l’heure, trois voyageuses ont la lettre « H » pour initiale : Mrs. Hubbard, Miss Hermione Debenham et Hildegarde Schmidt, la femme de chambre de la princesse Dragomiroff. Examinons maintenant ce mouchoir sous un autre aspect. Ce mouchoir très fin, délicatement brodé à la main, est un objet de luxe très coûteux acheté probablement à Paris. Laquelle des voyageuses, sans tenir compte de l’initiale, serait susceptible de se payer des mouchoirs aussi chers ? Pas Mrs. Hubbard, cette brave femme aux toilettes sans prétention ; ni Miss Debenham : cette catégorie d’Anglaises se sert de jolis mouchoirs de toile fine et non de ces ridicules petits carrés de batiste qui valent jusqu’à deux cents francs ; quant à la femme de chambre, c’est au-dessus de ses moyens. Mais dans le train il reste deux autres femmes à qui ce mouchoir pourrait appartenir. Examinons si la lettre H se rattache à l’une d’elles. Prenons d’abord la princesse Dragomiroff…

— Dont le prénom est Natalia, objecta M. Bouc d’un ton sarcastique.

— Précisément. La princesse étant hors de cause, voyons le cas de la comtesse Andrenyi. Là, ce qui nous frappe…

— Dites plutôt ce qui vous frappe…

— Si vous voulez. Ce qui me frappe donc, c’est que sur son passeport le prénom est maquillé par une tache de graisse. On pourrait croire à un simple accident. Mais remarquez ce prénom : Eléna. L’H majuscule a pu être transformé en un E et couvrir l’e minuscule qui suit… Une tache de graisse faite à l’endroit propice dissimule cette transformation.

— Héléna ! s’exclama M. Bouc. Ça, c’est une idée !

— Bien sûr. Je cherche ensuite une confirmation, même infime, à mes soupçons et je la découvre séance tenante. Une des étiquettes collées sur la mallette de la comtesse est légèrement humide et se trouve actuellement placée précisément sur la première initiale de son nom. Cette étiquette a été décollée et replacée à un endroit différent.

— Vous commencez à me convaincre, dit M. Bouc. Mais la comtesse Andrenyi…

— A présent, messieurs, considérons l’affaire sous un angle nouveau. Comment ce crime devait-il se présenter aux yeux de la police ? Ne perdons pas de vue que la neige a bouleversé tous les plans de l’assassin. Imaginons un instant qu’il n’ait pas neigé et que le train ait poursuivi normalement sa course. Qu’arrivait-il ?

« Le meurtre eût probablement été découvert à la frontière italienne. Les voyageurs fournissent les mêmes témoignages à la police : Mr. MacQueen produit les lettres de menaces, Mr. Hardman débite son histoire, Mrs. Hubbard ne manque pas de dire qu’un homme a traversé son compartiment ; le bouton est découvert. J’imagine toutefois que deux détails eussent été différents : l’homme se fût introduit dans le compartiment de Mrs. Hubbard un peu avant une heure… et l’on eût ramassé l’uniforme des wagons-lits dans un des cabinets de toilette.

— Vous dites ?

— Je dis que le meurtre était conçu pour faire croire à un assassin venu du dehors qui, son crime commis, se serait enfui ; on aurait supposé qu’il était descendu à Brod, où le train devait arriver à 0 h 58. Quelqu’un ayant croisé un conducteur inconnu dans le couloir, l’uniforme placé en évidence eût dénoncé clairement la tactique du criminel. De cette façon, nul soupçon ne pesait sur les voyageurs. Voilà comment l’affaire devait se présenter aux yeux du bon public.

« Mais la panne du train bouleverse toutes les prévisions. C’est sans doute la raison qui obligea l’homme à demeurer si longtemps à côté de sa victime. Abandonnant enfin tout espoir de voir le convoi reprendre sa marche, il songe à modifier son plan, car désormais on saura que l’assassin n’a pas quitté le wagon.

— Bon, je comprends tout cela, dit M. Bouc, mais que fait le mouchoir dans cette affaire ?

— J’y reviens par une voie détournée. Tout d’abord, sachez que les lettres de menaces n’étaient qu’un piège tendu à la police. Elles auraient aussi bien pu être copiées dans n’importe quel roman policier. Nous devons nous poser cette question : « Ces lettres ont-elles intimidé Ratchett ? » Il semblerait que non. D’après ses instructions données à Hardman, il craignait un ennemi personnel dont il connaissait parfaitement l’identité, du moins si nous croyons à la sincérité de Hardman. Mais Ratchett reçut certainement une lettre d’un caractère tout différent… celle qui avait trait au bébé Armstrong et dont nous avons trouvé un fragment dans son compartiment. Elle était destinée à lui signifier le motif pour lequel sa vie était menacée, s’il ne l’avait déjà deviné. Cette lettre ne devait pas tomber entre les mains de la police ; aussi le meurtrier s’empressa-t-il de la détruire. Voilà le second obstacle à la réussite de son plan : le premier était la neige et le second, notre reconstitution de ce billet carbonisé.

« La précaution prise par l’assassin de brûler ce papier signifie qu’un des voyageurs est si intimement lié à la famille Armstrong que la découverte du billet suffisait à diriger sur lui les soupçons.

« Arrivons maintenant aux deux autres pièces à conviction, sans tenir compte du cure-pipe, dont nous avons déjà suffisamment parlé. D’abord le mouchoir. Cet objet compromet les voyageurs portant l’initiale H, et a dû tomber par mégarde sur le lieu du crime.

— Très juste, déclara le docteur Constantine, et cette personne, s’apercevant de la perte de son mouchoir, s’empresse de maquiller son prénom.

— Vous allez vite en besogne, mon cher docteur. J’aurais garde de conclure aussi rapidement.

— Existe-t-il une autre conclusion ?

— Certes. Admettons, par exemple, que vous veniez de commettre un crime et que vous cherchiez à jeter les soupçons sur quelqu’un d’autre. Vous savez qu’il y a dans le train une femme, amie intime de la famille Armstrong… Supposons qu’alors vous laissiez choir près de la victime un mouchoir appartenant à cette femme… On l’interrogera, on parlera de ses relations avec la famille Armstrong… et voilà… Il y aura un mobile et une pièce accusatrice.

— En ce cas, observa le médecin, la personne désignée, étant innocente, n’essaierait pas de dissimuler son identité.

— Vraiment ? Vous croyez cela ? Mon ami, je connais la nature humaine. Devant la subite menace de se voir accusée de meurtre, la femme la plus innocente perd la tête et se livre aux actes les plus absurdes. La tache de graisse sur le passeport et le déplacement des étiquettes ne prouvent donc nullement la culpabilité de la comtesse Andrenyi, mais démontrent que la comtesse tient, pour une raison personnelle, à dissimuler en partie son identité.

— Quel peut être le lien qui l’unit à la famille Armstrong ? Elle n’a jamais été en Amérique.

— Elle prétend. Elle parle mal l’anglais et exagère son apparence orientale. Néanmoins, je me fais fort de découvrir de qui elle est la fille. La mère de Mrs. Armstrong était Linda Arden, une célèbre tragédienne… admirable dans ses créations des pièces de Shakespeare. Rappelez-vous, dans Comme il vous plaira, la forêt d’Arden et Rosalinde. C’est ce qui lui inspira son nom de théâtre : Linda Arden, patronyme sous lequel elle connut la gloire dans le monde entier. Son vrai nom pouvait être aussi bien Goldenberg… Ses ancêtres provenaient peut-être de l’Europe centrale et la fameuse actrice avait sans doute dans les veines un peu de sang israélite. La population américaine est formée de tant de nationalités diverses ! Messieurs, la jeune sœur de Mrs. Armstrong, encore adolescente à l’époque du drame, est Héléna Goldenberg, la fille cadette de Linda Arden, qui épousa le comte Andrenyi, attaché d’ambassade, pendant le séjour de celui-ci à Washington.

— La princesse Dragomiroff nous a pourtant dit qu’elle avait épousé un Anglais ?

— Oui, un Anglais dont elle ne se souvient même pas du nom. C’est invraisemblable ! La princesse Dragomiroff a pour l’artiste Linda Arden une profonde amitié, elle devient même la marraine d’une de ses filles… et elle oublierait aussi vite le nom de mariage de l’autre enfant ? Hypothèse invraisemblable ! Je crois pouvoir affirmer que la princesse a menti. Elle sait qu’Héléna voyage dans ce train et elle l’a vue. Aussitôt qu’elle apprend l’identité de Ratchett, elle songe qu’Héléna sera soupçonnée. Lorsque nous lui posons quelques questions au sujet de la jeune sœur de Mrs. Armstrong, elle y répond évasivement, ne se souvient pas très bien, mais sait seulement qu’Héléna a épousé un Anglais… déclaration aussi éloignée que possible de la vérité.

À ce moment, un des serveurs du restaurant entra et, s’approchant du groupe, s’adressa à M, Bouc :

— Faut-il servir le dîner, monsieur ? Voilà un moment déjà qu’il est prêt.

M. Bouc interrogea Poirot du regard :

— Certainement, dit le détective, qu’on serve le dîner.

L’employé s’éloigna. Bientôt sa cloche retentit dans le couloir et il éleva la voix :

— Premier service. Le dîner est servi !

 

 

Le crime de l'Orient-Express
titlepage.xhtml
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_000.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_001.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_002.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_003.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_004.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_005.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_006.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_007.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_008.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_009.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_010.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_011.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_012.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_013.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_014.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_015.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_016.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_017.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_018.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_019.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_020.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_021.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_022.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_023.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_024.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_025.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_026.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_027.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_028.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_029.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_030.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_031.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_032.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_033.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_034.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_035.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_036.html
Christie,Agatha-Le crime de l'Orient-Express(Murder on the Orient-Express)(1933).French.ebook.AlexandriZ_split_037.html